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Articles

Demain c'est loin de Jacky Schwartzmann: Rhône trip.

😻😻😻😻 Roman (noir) Seuil cadre noir 2017 - 192 pages " Je m'appelle François Feldman, comme l'aut' con. Mais je suis pas chanteur. Et je suis pas juif ." La phrase d'accroche donne le ton de ce roman à l'humour noir, noir. François Feldman a grandi aux Buers, cité de la banlieue lyonnaise, où il a fait les quatre cents coups avec ses potes. Contrairement à ses petits camarades, François Feldman a eu son bac et a migré à Lyon, quartier Perrache, avec l'idée de faire des études, et un peu de pécho les minettes du 6ème. Arrivé à la fac, il se rend pourtant vite compte que le monde se divise en deux catégories: celles qui portent des Stan Smith et ceux qui portent des Nike Air Force 1. Fort de ce constat François laisse tomber les études et se lance dans le commerce de T-shirts à slogans plus ou moins douteux type " "Bonjour c'est bien ici Charlie Hebdo?" Et c'est signé Chérif Kouachi ." ...

Au 5ème étage de la faculté de droit de Christos Markogiannakis: 5ème sous-sol, plutôt.

😻😻 Roman (policier) Traduit du grec par Anne-Laure Brisac Albin Michel 2018 - 288 pages J'ai rencontré Christos Markogiannakis, auteur grec, donc, à Quais du polar cette année, et c'est un homme tout à fait charmant. J'avais entendu le plus grand bien de son premier livre, un essai traitant du meurtre dans l'art ( Scènes de crime au Louvre: une enquête criminartistique aux éditions Le Passage). Après réflexion, en tenant compte de mes limites en terme d'art pictural, j'ai préféré choisir son roman, tout juste sorti de presses, et bien mal m'en a pris... Bon, me direz-vous, le titre aurait dû m'alerter et ma bonne âme me perdra, mais, à ma décharge, la quatrième de couverture n'était pas rebutante: Faculté de droit d'Athènes, un beau matin de février, deux cadavres sont découverts dans les couloirs du 5ème étage, consacré au département de criminologie: celui d'une professeure, Irina Siomou, à la...

La daronne de Hannelore Cayre: tata flingueuse.

😻😻😻😻😻- coup de cœur Roman (noir) Métailié noir 2017 - 176 pages Points policier 2018 - 192 pages Patience Portefeux a 53 ans, elle a deux filles qui vivent leur vie, et une mère en maison de retraite qui n'arrive pas à mourir. Patience vivote en faisant l'interprète au black pour le Ministère de la Justice, principalement dans des histoires de stup'. Il faut dire qu'elle parle couramment toutes sortes de dialectes, rapport à son père qui " avait fait fortune en envoyant ses camions vers les pays dits de merde dont le nom se termine par -an comme le Pakistan, l'Ouzbékistan, l'Azerbaïdjan, l'Iran etc... " Patience est blasée, elle n'en peut plus des petits trafiquants minables ni des juges qui n'écoutent pas ce qu'on leur dit, alors Patience prend des libertés dans ses traductions, parce qu'après tout, à quoi bon. Et puis elle s'est attachée à une famille de trafiquants, qu'elle suit comme d...

My absolute darling de Gabriel Tallent: absolument fabuleux

😻😻😻😻😻 - Coup de cœur Roman Traduit de l'anglais (USA) par Laura Derajinski Gallmeister 2018 - 464 pages Prenez une grande respiration, allumez vos frontales et accrochez vous, on descend bien profond dans les ténèbres... Soyons clairs dès le départ:  My absolute darling est exigeant tant sur le fond que sur la forme, mais il s'en dégage une puissance tout simplement irrésistible. On y rencontre Turtle, 14 ans. Turtle est une " connasse "... enfin c'est ce qu'elle pense d'elle-même, c'est son papa qui lui a dit. Turtle en effet vit avec Martin, son père, veuf, survivaliste frappadingue, intellectuellement brillant, psychopathe incestueux. Ils vivent à moitié reclus, avec un mélange de mépris et de méfiance à l'égard du reste de l'humanité, dans un taudis envahi tant par la faune que par la flore et renfermant surtout un véritable arsenal de guerre, au cas où... Martin aime Turtle autant qu'il se ...

Entre deux mondes de Olivier Norek: cri(se) d'humanité

😻😻😻😻😻 - Coup de cœur Roman (noir) Michel Lafon 2017 - 413 pages Les Norek, je ne les achète qu'à Quais du polar, voyez ça comme un genre de tradition personnelle. J'ai donc en l’occurrence patienté six longs mois en me bouchant les oreilles aux (nombreuses) évocations du roman, avant d'enfin acquérir la chose, au terme d'un coup de bol fou qui m'a évité les kilomètres de file d'attente de l'auteur (merci à lui de faire du rab' sur ses horaires de signature, avec le sourire en plus), et je vais vous dire: Entre deux mondes valait chaque seconde d'attente. Il est en effet des livres qu'on referme avec un mélange confus, mais immédiat, de soulagement et de nostalgie. Entre deux mondes est assurément de ceux-là. Olivier Norek délaisse (pas définitivement semble-t-il) Victor Coste et son 9-3 et nous fait pénétrer la Jungle, celle de Calais, pas celle de Tarzan. Pour rappel, on parle de ça: Des millier...

Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi: ... environ en page 12.

😻 Roman (polar) Traduit de l'anglais (Kenya) par Benoîte Dauvergne L'aube Noire 2018 - 240 pages J'aurais aimé, du fond du cœur, pouvoir dire du bien de ce roman, dire qu'il m'a replongée dans le Kenya que j’ai eu la chance de traverser, dire qu'il m'a, en réalité, emmenée plus loin que ce Kenya de carte postale... Mais honnêtement, c'est pas lisible. En littérature comme partout, la forme a son importance, et l'absence précisément de littérature, quand on prétend écrire un roman, a tendance à m'irriter, tant j'aurais du coup préféré lire le Géo spécial Kenya, au moins j’aurais vu de belles images. Je ne sais pas si le problème vient de la traduction ou du texte initial mais concrètement, le livre souffre d'une absence totale de maîtrise et de style, maquillée avec un passé simple désuet et mal employé. C'est comme si l'auteur cherchait sa place, son ton, oscillant entre un langage soutenu à l'extrême (j...

Faire mouche de Vincent Almendros: promenons-nous dans les bois...

😻😻😻😻 Roman Les Editions de minuit 2017 - 128 pages Rarement un ouvrage aura aussi bien porté son titre tant   Faire mouche ne laisse pas indifférent. Ce court roman est presque une longue nouvelle en réalité, tant il reste mystérieux et est extrêmement circonscrit dans l'espace et le temps. C'est l'été, Laurent revient dans le village de son enfance, enfoui au milieu de la forêt, où il n'a pas mis les pieds depuis des années. C'est le mariage de sa cousine, mais Laurent ne rentre pas pour elle. Il n'a pas envie de la revoir, pas plus que sa mère. Il veut embrasser son oncle, qui va mourir. Il y a tous ces silences, ces bouts de phrases qui tombent comme les mouches dans la pièce. Et puis, on le sent bien, Laurent fuit quelque chose. Il est accompagné de Constance, qui n'est pas vraiment Constance. Mais fuir vers le passé n'est pas franchement la meilleur idée de Laurent... Dès les premières lignes, Vincent Almendros prend au p...