Accéder au contenu principal

Faire mouche de Vincent Almendros: promenons-nous dans les bois...


😻😻😻😻
Roman
Les Editions de minuit 2017 - 128 pages



Rarement un ouvrage aura aussi bien porté son titre tant Faire mouche ne laisse pas indifférent.

Ce court roman est presque une longue nouvelle en réalité, tant il reste mystérieux et est extrêmement circonscrit dans l'espace et le temps.

C'est l'été, Laurent revient dans le village de son enfance, enfoui au milieu de la forêt, où il n'a pas mis les pieds depuis des années.

C'est le mariage de sa cousine, mais Laurent ne rentre pas pour elle. Il n'a pas envie de la revoir, pas plus que sa mère. Il veut embrasser son oncle, qui va mourir.

Il y a tous ces silences, ces bouts de phrases qui tombent comme les mouches dans la pièce.

Et puis, on le sent bien, Laurent fuit quelque chose. Il est accompagné de Constance, qui n'est pas vraiment Constance. Mais fuir vers le passé n'est pas franchement la meilleur idée de Laurent...

Dès les premières lignes, Vincent Almendros prend au piège, met en apnée.

L'auteur avance avec une écriture minimaliste, très pragmatique.

En n'appuyant sa narration que sur les détails de l'environnement, Almendros enferme le lecteur qui, comme le narrateur, butte sur des contours invisibles, comme un mouche dans un verre renversé.

Il parvient ainsi, en quelques mots, à créer une ambiance aussi suffocante que des sous-bois sous un orage d'été.

Faire mouche est mini-thriller rural très maîtrisé en dépit d'une fin un peu abrupte, un peu prévisible, qui m'a laissée, précisément, sur ma faim, tant j'aurais aimé m'enfoncer un peu plus profond dans la forêt... 
































Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La version qui n'intéresse personne de Emmanuelle PIERROT: chienne de vie.

  😻😻😻😻😻 Roman - 320 pages Le Quartanier - 2023 Un premier roman coup de poing, brut, animal et totalement addictif. Le récit se focalise sur une petite communauté de punks marginaux, autoproclamés libre-penseurs, qui pourtant cache un conformisme à la papa des plus répugnants. Dans la seconde partie du roman, la focale s'élargit et l'autrice dépeint à la perfection cette capacité proprement humaine à se changer en meute et attaquer les plus fragiles pour servir d'exutoire aux peurs et angoisses individuelles et collectives.  Briser à celui qui est le plus facile à atteindre pour se rassurer quant à sa propre médiocrité. En situant son récit en pleine pandémie, Emmanuelle PIERROT réussit à démontrer l'universalité de cette pulsion aveugle et destructrice qui fait s'acharner les êtres humains à trouver des boucs émissaires, exacerbée par notre dépendance aux réseaux sociaux, qu'il s'agisse d'une petite communauté de punks à chiens ou de la planète ent...

Bondrée de Andrée A. Michaud: dans la brume électrique...

😻😻😻😻😻 - Coup de Coeur Roman Rivages 2016 - 330 pages Rivages Noir 2017 - 330 pages Prix des lecteurs Quais du polar 2017 Résumé Bondrée est un territoire où les ombres résistent aux lumières les plus crues, une enclave dont l'abondante végétation conserve le souvenir des forêts intouchées qui couvraient le continent nord-américain il y a de cela trois ou quatre siècles. Été 1967, l'humain a déforesté les contours de Bondary Pound, petit lac entouré d'une forêt dense à la frontière du Maine et du Québec, pour y installer des chalets peuplés d'hétéro-beaufs aux plates-bandes bien arrangées comme leurs idées, lesquelles sont constantes depuis l'arrivée du premier hiver sur terre. Mais cet été là, celui du summer of love, les ados chantent Lucy in the sky with diamonds, et un monde s'écroule lorsque la déjà sulfureuse Zaza Mulligan est retrouvée morte, vidée de son sang, la jambe lacérée par un piège à ours. Ce drame est inexplicable...

Ordinary people de Diana Evans: s'aimer comme on se quitte.

😻😻😻😻 Ordinary people Traduit de l'anglais (RU) par Karine Guerre Roman - 378 pages Globe - 2019 " Comment passait-on de ceci à cela? Comment passait-on de "j'aimerais poser ma bouche sur ton menton pubien" à "PQ STP" sans bisou final? Qu'était-il arrivé à Angelina, à Desdemone? Comment tout cet amour pouvait-il disparaître ?" Voilà, en quelques mots, posé le sujet de ce roman qui rappelle à quel point la littérature, lorsqu'elle est mise en oeuvre avec suffisamment de grâce, peut décrire le réel avec une acuité stupéfiante. Ordinary people , le titre, déjà nous dit tout. Il est tiré de la chanson éponyme de John Legend, figurant sur l'album Get lifted dont il sera question tout au long du roman. Get lifted est un album dont chaque chanson est le chapitre d'une histoire, celle d'un homme qui aime les femmes, jusqu'au jour où il rencontre LA femme. Cette histoire-là, c'est aussi celle...