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Des hommes justes de Ivan Jablonka: ben c'est pas gagné...






😻😻
Essai- 448 pages
Seuil - 2019

✩ Sélection Grand Prix des lectrices ELLE 2020 ✩


Au départ, il y a cette citation de Olympe de Gouge :"Homme es-tu capable d'être juste"?

Ivan Jablonka, père de deux filles, s'interroge alors: en 2019, qu'est-ce qu'un homme juste? 

L'idée maîtresse c'est qu'aujourd'hui il n'appartient plus aux femmes de se battre pour conquérir des droits, mais aux hommes de se remettre en cause.

Jusque-là j'applaudis des deux mains, comme un peu tout le monde je pense.

Le problème, le gros problème même, c'est qu'à cette question, Jablonka n'apporte aucune réponse.

Reconnaissons à l'auteur un travail très fouillé de documentation sur l'évolution de la pensée féministe et de l'idée et de la conception du rôle des femmes.

Jablonka est historien, ceci explique cela, et pourtant, c'est peut-être précisément ce qui constitue le plus gros défaut de ce livre: c'est une accumulation de faits, de dates et de références très académique qui rend la lecture souvent fastidieuse et qui, au final, ne mène nulle part.

A aucun moment Ivan Jablonka ne va exploiter ce matériel qu'il a regroupé pour une tirer une réflexion, mettre en relief des idées novatrices en terme d'évolution sociétale.

Alors l’histoire c'est intéressant, mais concrètement, il n'y a rien là-dedans qu'on n'ait pas déjà lu, vu ou entendu ailleurs.

A titre personnel c'est déjà ce que je reprochais à son, très surcoté à mon sens, Laetitia, qui promettait une réflexion sur le fait divers comme objet historique et qui se contentait beaucoup de ressasser des faits, une peu de sociologie, sans arriver à une réflexion pertinente sur le long terme.

Ce n'est que dans son épilogue que Ivan Jablonka se livre, et pousse sa réflexion dans un aveu de faiblesse dont on ne peut que reconnaître la sincérité.

Au final cet essai, ou plutôt ce récit, me fait l'effet d'un gros coup de com', un beau produit vendu comme novateur du seul fait qu'il est écrit par un homme.

C'est un peu rageant quand on pense à la qualité d'autres essais sur l'exact même thème.

Je pense notamment à celui de la philosophe Olivia Gazalé, intitulé "Le mythe de la virilité: un piège pour les deux sexes", paru en 2017 aux éditions Robert Laffont, lequel développait une vraie réflexion sur les constructions sociales du genre et les possibilités d'évolution en s'appuyant sur les mêmes faits historiques développés par Jablonka.

La différence, de taille, c'est qu'Olivia Gazalé utilise les faits pour servir sa pensée, et non la pensée comme un prétexte.

Un ouvrage à lire donc si pour ceux qui cherchent une synthèse historique et exhaustive du féminisme, mais largement dispensable pour qui cherche des réponses, ou à tout le moins des pistes de réflexion.





































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