Accéder au contenu principal

Une famille presque normale de M.T Edvardsson: non.



😻
En Helt Vanlig Familj
Traduit du suédois par Rémi Cassaigne
Roman (thriller) - 528 pages
Sonatine - 2019

✩ Sélection janvier jury Grand Prix des lectrices ELLE 2020 ✩  



Bien… bien bien bien, que dire…

J’ai trouvé ça très mauvais.

L’histoire c’est que Stella, fille unique d’un pasteur et d’une avocate, est arrêtée un matin d’été et accusée de meurtre.

Les événements sont racontés successivement par le père, la fille, puis la mère.

Déjà le procédé narratif en soi n’a plus rien de révolutionnaire, mais admettons, quand c’est bien fait, c’est souvent très efficace.

Ici honnêtement je ne peux même pas dire si l’histoire est au fond pertinente ou non tellement la forme est abominable.

C’est affreusement mal écrit, ou mal traduit, je ne sais pas, mais c’est à un point que je ne comprends pas qu’on puisse accorder la moindre crédibilité à ce que l’auteur tente de raconter.
  
Exemple : imaginez un peu, une ado de 16 ans vous lancer tranquillement des phrases comme :

« J’ai ri en twerkant » (page 285),
« Les bras levés en l’air, j’ai groové sur la pulsation » (pages 281) ou
« ce type était juste too much » (page303), ce mec est trop trop trop et personnellement pense que ce serait mieux si les Coco Girls restaient bien loin là où elles sont dans les années 80.

Au-delà de la crédibilité, le style quoi, jugez par vous-même :

« On apprend vite à faire la différence. Même si beaucoup on le même regard froid, il y a une différence décisive entre l’indifférence et le mépris »

Si l’écriture avait été différente j’aurais peut-être apprécié différemment la différence entre l’indifférence et le mépris…

Je passe sur les lieux communs et pseudo aphorismes ringards ou débiles du type « l’ignorance est une force » (wait… what ?!) parce que franchement le livre m’est tombé des mains, et j’ai pas trop cherché à savoir ce qu’il était devenu.


Conclusion : à un moment, c’est quand même mieux quand il y a un peu de littérature dans un livre.

(ps: ce roman semble très bien coté par mes co-jurées, et globalement les réseaux spécialisés (je n'en ai rien lu dans la presse en revanche...), donc évidemment je rappelle que mon opinion ne vaut que ce qu'elle vaut, mais aussi que qu'il y a bien mieux à faire de 23 balles)




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La version qui n'intéresse personne de Emmanuelle PIERROT: chienne de vie.

  😻😻😻😻😻 Roman - 320 pages Le Quartanier - 2023 Un premier roman coup de poing, brut, animal et totalement addictif. Le récit se focalise sur une petite communauté de punks marginaux, autoproclamés libre-penseurs, qui pourtant cache un conformisme à la papa des plus répugnants. Dans la seconde partie du roman, la focale s'élargit et l'autrice dépeint à la perfection cette capacité proprement humaine à se changer en meute et attaquer les plus fragiles pour servir d'exutoire aux peurs et angoisses individuelles et collectives.  Briser à celui qui est le plus facile à atteindre pour se rassurer quant à sa propre médiocrité. En situant son récit en pleine pandémie, Emmanuelle PIERROT réussit à démontrer l'universalité de cette pulsion aveugle et destructrice qui fait s'acharner les êtres humains à trouver des boucs émissaires, exacerbée par notre dépendance aux réseaux sociaux, qu'il s'agisse d'une petite communauté de punks à chiens ou de la planète ent...

Les marins ne savent pas nager de Dominique Scali: le triomphe de l'imaginaire.

  😻😻😻😻😻 Roman - 728 pages La peuplade - 2023 Mais quelle aventure que cette lecture! Dominique Scali nous débarque sur les côtes de l'île d'Ys, l'Atlantide bretonne qui a résisté aux assauts des François et des Anglois, quelque part, donc, dans l'atlantique, quelque part, a priori, au 18ème siècle. Et on débarque là, un peu comme des naufragés, dans un monde, des paysages, une langue, une histoire, des us et coutumes que l'on ne connait pas... Perdus! Et puis on rencontre Danae Poussin, l'orpheline au tempérament de feu, dont on va suivre la trajectoire jusqu'à sa mort. Avec elle on va apprendre tout ce que l'on ignore: les paysages, le vocabulaire, l'histoire, les us et coutumes... Et c'est là toute la magie du livre: Dominique Scali a créé un monde entier, elle le partage et le transmet avec un naturel proprement étourdissant. Non seulement elle invente un langage, mêlant une sorte de québécois, de vieux français et de vocabulaire maritime...

L'empreinte de Alexandria Marzano-Lesnevich: de profundis

😻😻😻😻 The fact of a body, a murder and a memoir (2018) Récit Traduit de l'anglais (USA) par Héloïse Esquié Sonatine 2019 - 480 pages Je ne pense pas avoir jamais ressenti autant de soulagement à refermer un livre. Sérieusement, il FALLAIT que ça s'arrête... Je ne suis pas particulièrement sensible, enfin, disons pas particulièrement retorse aux lectures intenses, mais je dois dire que la lecture de ce livre s'est avérée très éprouvante. Dans ce récit mêlant autobiographie et nouveau journalisme, Alexandria Marzano-Lesnevich raconte comment nos convictions les plus profondes peuvent vaciller en un instant. Cet instant, pour cette fervente opposante à la peine de mort, c'est celui où, alors stagiaire dans un cabinet d'avocats spécialisé dans les dossiers où la peine de mort est encourue, elle assiste aux aveux filmés de Ricky Langley. C'est que Ricky Langley, en février 1992, a tué le petit Jeremy Guillory, 6 ans. Mais sur...